Madagascar, par la nationale 7 |
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| Écrit par mchartier | ||||||
| 24-09-2007 | ||||||
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Les hautes terres La nationale 7 suit, en direction du sud, la dorsale cristalline de Madagascar. D'Antsirabe à Fianarantsoa, la route a été construite sur l'axe des "hautes terres", une région montagneuse d'une altitude de 1 300 mètres. De part et d'autre, les rizières succèdent aux rizières, à perte de vue, jusque sur les flancs de la montagne au relief transformé par le travail de l'homme en gradins géants. Symphonie de différents verts entrecoupés par le rouge foncé de la terre et des nombreuses briqueteries artisanales, puis par les îlots de fabrication de charbon de bois, unique combustible utilisé pour la cuisine. Impression de travail bien fait, méthodique... Cette conquête des terres cultivables a toutefois son revers dont il serait urgent de mesurer l'impact économique et écologique : la déforestation. Madagascar a ainsi perdu 85 % de sa couverture forestière originelle. Certes, des campagnes de replantation ont été entreprises. Mais la culture sur brûlis et l'abattage des arbres pour la fabrication de charbon apparaissent toujours comme indispensables à la survie de la population malgache, quitte à dénaturer de manière irréversible l'une des richesses premières de l'île Rouge : ses paysages. ![]() Fianarantsoa est présentée comme une ville de transition à caractère culturel et religieux. Le dimanche matin, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de fidèles se rendant à la cathédrale ? Enfants et adultes sont tout de propre vêtus, le missel sous le bras. Certains hommes arborent même un étonnant costume-cravate alors que la température doit friser les 30 degrés. Viscéralement attachés à leur religion traditionnelle inspirée par le culte des ancêtres et de nombreux interdits, les Malgaches la concilient avec le rituel des religions chrétienne ou musulmane. Une manière comme une autre sans doute de personnaliser des croyances importées par la colonisation. Le "paradis terrestre" Après
Ihosy, au milieu des steppes herbeuses du plateau de l'Horombe, la
route asphaltée fait soudain place à une piste en terre de 70 km de
long. De la vraie tôle ondulée, ponctuée d'innombrables nids de poule
et obstacles plus sérieux. De-ci de-là, des troupeaux de zébus suivent
leur chemin, guidés par l'herbe rase qu'ils paissent méthodiquement, en
attendant le lointain marché où s'arrêtera définitivement leur périple.Nous avons rejoint le territoire des Bara dont la réputation de voleurs de zébus perdure à ce jour. Se servir dans le cheptel du voisin était (est encore ?) une tradition de cette société, applicable à tout jeune homme en âge de se marier pour donner la preuve de son courage, de sa virilité. Le parc de l'Isalo (prononcer Ichale) représente un temps fort du voyage en terre malgache. Créé en 1962 et géré par l'omniprésente Association nationale de gestion des aires protégées (ANGAP), cet espace naturel couvre une superficie de 81 540 hectares. C'est l'un des cinquante réserves et parcs nationaux. "Vous entrez dans le paradis terrestre" annonce solennellement Joseph, notre guide. En contrepartie de certains engagements (ne pas chasser, ne pas allumer de feux de brousse, ne pas s'adonner au trafic de richesses naturelles), la quinzaine de villages encerclant le parc perçoivent 50 % des recettes. Plusieurs visites sont possibles, variables en distance et en durée. Le Canyon des makis ou "Colorado malgache" peut suffire pour une première approche de l'infinie variété des espèces végétales de l'île et de l'une des gloires locales : le lémurien. Ce
mammifère, dont les cinq familles n'existent simultanément qu'à
Madagascar, évolue dans les arbres, d'une branche à l'autre, avec
grâce, agilité et moult facéties. Peu soucieux de ne faire partie que
d'un sous-ordre de primates, il compense à lui tout seul l'absence, en
forêt malgache, des grands habitants de la brousse africaine que sont
les éléphants, les girafes, les lions, les antilopes...Lors de notre passage, pour des raisons qui évidemment nous échappent, seul le propithèque de Verreaux était au rendez-vous. Avec son pelage blanc et sa jolie frimousse noire, il ne passe pas inaperçu. Pour épater les vazahas, il y va même de quelques acrobaties spectaculaires. Sous ses côtés coquins et à l'inverse des makis, le propithèque est monogame et fidèle en amour. C'est en tout cas ce qu'affirme notre guide ! Et enfin le Paradisier ! Après avoir slalomé dans le massif ruiniforme de l'Isalo, notre bonne vieille nationale 7 file tout droit vers un panorama qui, une nouvelle fois, change très rapidement. Finies les hautes terres. Sur quelques kilomètres, voici l'Eldorado façon malgache, avec ses enseignes multicolores. Une nouvelle fièvre s'est emparée de Saphira et Sakaraha, deux villages sans âme, presque factices : la recherche des pierres précieuses. Un énorme caillou trouvé un jour par un prospecteur a fait et continue de faire miroiter aux yeux de tant d'autres chercheurs moins chanceux le gain d'un miraculeux jackpot. Chacun y va de son trou dans son coin, en pleine nature. Des fois que... "Nous sommes en plein Far West, avoue notre guide. Il serait risqué de se hasarder tout seul par ici." Bonjour l'ambiance ! ![]() Passons donc notre chemin, pour la dernière étape du voyage. Du territoire Achafaly, on retiendra l'importance très visible donnée à la célébration de la mort. Les tombeaux, épars dans la campagne, sont de solides constructions en pierre. Les murs sont recouverts de dessins naïfs représentant la vie ou les rêves inaccomplis du défunt. Les tombeaux sont chapeautés de sculptures en bois et des cornes des zébus ayant appartenu au défunt et sacrifiés pour la cérémonie des obsèques. Tuléar ne mérite guère le détour, sinon qu'il faut bien transiter par cette ville sans intérêt touristique particulier. Fin de la nationale 7 ! Place
maintenant au dernier tronçon de route, direction Ifaty, destination
ultime du voyage. En fait de route, il s'agit d'une piste de sable. Le
4x4 justifie ici pleinement son utilisation. Une heure pour trente
kilomètres, de quoi laisser de bons souvenirs. Régulièrement, faute de
pouvoir le dépasser, il faut suivre un camion ou un taxi-brousse dont
le volume a quasiment doublé avec l'entassement des bagages sur la
galerie. Lorsqu'un véhicule d'un autre âge tombe en panne, mieux vaut
prendre son mal en patience.Ifaty marque le terme du périple, avec ses nombreux hôtels, dont le Paradisier, sa forêt de baobabs, son parc ornithologique et toutes les distractions qu'offre la mer. Au
large, sur le canal du Mozambique, on aperçoit l'écume des vagues qui
franchissent, dans un grondement sourd et continu, la barrière
corallienne. Plus proche, un Vezeo revient de la pêche sur sa pirogue à
balancier, mue par une voile de fortune et à coups réguliers de pagaie.
Nul doute qu'il y aura du poisson frais, peut-être même de la
langouste, au menu du dîner...(novembre-décembre 2003) Commenter
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Madagascar a, elle aussi, sa RN 7. En direction du sud-ouest, elle
relie Antananarivo à Tuléar, point de jonction entre le tropique du
Capricorne et le canal du Mozambique.

Combien
d'habitants dans la capitale malgache ? Les chiffres avancés oscillent
entre 1,3 million pour la ville elle-même et 3, voire 4 millions pour
l'ensemble ville-périphérie. Les trottoirs sont grouillants de monde.
La foule des personnes désoeuvrées et des gosses ne connaissant
apparemment pas le chemin de l'école se fond au milieu de l'avalanche
des petits métiers.


Après
Ihosy, au milieu des steppes herbeuses du plateau de l'Horombe, la
route asphaltée fait soudain place à une piste en terre de 70 km de
long. De la vraie tôle ondulée, ponctuée d'innombrables nids de poule
et obstacles plus sérieux. De-ci de-là, des troupeaux de zébus suivent
leur chemin, guidés par l'herbe rase qu'ils paissent méthodiquement, en
attendant le lointain marché où s'arrêtera définitivement leur périple.
Ce
mammifère, dont les cinq familles n'existent simultanément qu'à
Madagascar, évolue dans les arbres, d'une branche à l'autre, avec
grâce, agilité et moult facéties. Peu soucieux de ne faire partie que
d'un sous-ordre de primates, il compense à lui tout seul l'absence, en
forêt malgache, des grands habitants de la brousse africaine que sont
les éléphants, les girafes, les lions, les antilopes...
Place
maintenant au dernier tronçon de route, direction Ifaty, destination
ultime du voyage. En fait de route, il s'agit d'une piste de sable. Le
4x4 justifie ici pleinement son utilisation. Une heure pour trente
kilomètres, de quoi laisser de bons souvenirs. Régulièrement, faute de
pouvoir le dépasser, il faut suivre un camion ou un taxi-brousse dont
le volume a quasiment doublé avec l'entassement des bagages sur la
galerie. Lorsqu'un véhicule d'un autre âge tombe en panne, mieux vaut
prendre son mal en patience.
Au
large, sur le canal du Mozambique, on aperçoit l'écume des vagues qui
franchissent, dans un grondement sourd et continu, la barrière
corallienne. Plus proche, un Vezeo revient de la pêche sur sa pirogue à
balancier, mue par une voile de fortune et à coups réguliers de pagaie.
Nul doute qu'il y aura du poisson frais, peut-être même de la
langouste, au menu du dîner...




